Réforme de l’Ordre des architectes, l’avis des bruxellois et l’usine à gaz de la réforme

Présentation du mini sondage réalisé auprès des architectes bruxellois à propos de la réforme de l’Ordre des Architectes, entre fin mai et début juin 2017

=> accédez aux résultats complets

[Le texte d’introduction du sondage se trouve reproduit en fin de post.]

Méthode :

Sondage réalisé sur la population d’architectes bruxellois francophones, soit une population de 1800 personnes, durant une période de 10 jours, de fin mai à début juin 2017. 292 réponses complètes ont été enregistrées. 6 questions de fond ont été posées, suivies de 7 questions visant à s’assurer que la sociologie de l’échantillon des répondants est comparable à celle de la population sondée.

Fiabilité :

Suivant la formule propre aux instituts de sondage, compte tenu de la population sondée et du taux de réponse, la marge d’erreur obtenue est de 5.25%. Il est également à noter que la sociologie de l’échantillon est à moins de 2 % identique à la sociologie de la population sondée, tant en genre qu’en âge, ce qui conforte la fiabilité des résultats. Les résultats obtenus auprès de l’échantillon peuvent donc être jugés conformes à l’avis de la population à plus ou moins 5 % de marge d’erreur.

Synthèse des résultats :

93 % des architectes sondés estiment que les ordres professionnels ont encore un avenir ! Ils sont néanmoins 71 % à souhaiter qu’ils se modernisent. Les sondés sont donc majoritairement favorables à une réforme du ou des Ordres. Les sondés qui pensent que les Ordres sont d’un autre temps ne représentent que 5 %.

Si à peine la moitié des architectes (54 %) pensent que l’Ordre des architectes devrait rester national, 27 % tout de même pensent que l’Ordre devrait se scinder sur base régionale et … seulement 12 % des sondés pensent que l’Ordre doit se scinder sur base communautaire alors que c’est ce que prévoit le projet de réforme.

Les architectes sondés sont très majoritairement (89 %) favorables à ce que l’Ordre ait une mission qui comprend la défense de la profession… À proportion marginale, seulement 2 % pensent que l’Ordre doit ou peu disparaître.

Les sondés sont également convaincus à 87 % que l’Ordre doit être indépendant du pouvoir politique. Les architectes ne veulent pas d’un commissaire du gouvernement et à fortiori, d’un commissaire aux pouvoirs élargis comme le prévoit le projet de réforme.

Quant à savoir qui de l’Ordre ou qui du monde associatif doit s’occuper de la défense de la profession, 54 % pensent que c’est le job de l’Ordre et du monde associatif, 38 % que seul l’Ordre peut ou doit représenter l’architecte en matière de défense de la profession… Et à peine 4 % pensent que la défense de la profession est du ressort exclusif du monde associatif. Ce qui signifie que 92% des architectes sondés pensent que l’Ordre des architectes doit dans sa mission s’occuper de défense de la profession.

Quant à savoir comment leur futur Ordre devrait s’appeler, 30 % des sondés sont sans avis, 47 % souhaitent un Ordre des architectes Wallonie-Bruxelles et seulement 23 % sont favorables à l’intitulé actuel de leur Conseil Francophone et Germanophone. L’on peut d’ailleurs se demander l’intérêt du projet de réforme actuel de donner autant d’importance à la dizaine d’architectes germanophones et si peu aux presque 2000 bruxellois si on y adjoint les architectes stagiaires.

Enfin, 22 % des sondés se disent membre d’une ou plusieurs associations. Parmi ces 22 %, un tiers se considèrent membre de l’Arib ou l’UWA (il est précisé que le sondage permettait ici plusieurs choix.). Soit, à peine 7 % des architectes sondés se déclarent membres d’une des deux associations régionales. C’est pourtant elles qui se trouvaient à la table des négociations de la réforme de l’Ordre mais également du COBAT et du CODT… Leur légitimé à représenter la profession dans son ensemble pose à tout le moins questions.

Accessoirement, bien qu’il ne soit pas possible de devenir membre individuel de la FAB ou de l’UIA, néanmoins 21 architectes se sont déclarés membres de ces dernières. Les statuts de l’UIA précisent d’ailleurs que tous les membres des organisations membres sont de facto considérés comme membre de l’UIA. Il fut, et c’est peut-être encore le cas, un temps où l’UIA délivrait d’ailleurs des cartes de membres personnelles.

Afin d’éclairer les chiffres, 62 sondés ont laissé des commentaires d’une grande richesse pour qui souhaite porter ou prétendre porter l’avis de la profession. Ce qui revient le plus fréquemment dans leurs commentaires est le souhait d’un Ordre plus actif sur le terrain de la défense de la profession.

Conclusions :

Les résultats sont suffisamment contrastés pour lever toute ambiguïté d’interprétation, l’échantillon est indiscutablement représentatif, ce sondage traduit indubitablement l’avis général des architectes bruxellois francophones.

À la lecture croisée des résultats de ce sondage et du texte de projet de réforme de l’Ordre des Architectes, dans sa mouture actuelle, le moins que l’on puisse dire est que le projet de réforme de l’Ordre des Architectes ne tient que peu compte des aspirations des architectes bruxellois et sur certains sujets, vraisemblablement, également des aspirations des architectes belges tout court (la défense de la profession notamment est un invariant des attentes des architectes sondés).

Les architectes bruxellois considèrent qu’il n’y a, soit aucune logique à scinder l’Ordre (doit rester national), soit qu’il doit se régionaliser à l’instar des règles du jeu urbanistique qui sont elles toutes… régionales. Cette logique de régionalisation trouve ses origines dans le grand souhait des architectes d’avoir un Ordre qui défende la profession. Il n’y a d’ailleurs rien d’incompatible à défendre l’intérêt général des maîtres de l’ouvrage et l’intérêt des architectes. Car, comme le reconnaît la loi de 39, la profession d’architecte porte en elle sa part d’intérêt général !

Une fois de plus, ce sondage confirme que la légende qui circule au sein de certaines associations, selon laquelle les architectes souhaiteraient majoritairement que l’Ordre se réduise à la portion congrue, voire disparaisse, est tout bonnement fausse ce qui en soi n’est pas une révélation.

Voici le message que ce sondage envoie aux décideurs politiques :

Un projet de réforme, dans lequel un bureau bruxellois «  impuissanté » peut cogiter, mais pas s’exprimer, des Ordres sous tutelle d’un monde associatif aux contours pour le moins indéfini…, ne rencontre pas les attentes des architectes bruxellois !

Nous ne pouvons que souhaiter que le ministre Ducarme revoie sa copie, cette fois en tenant également compte des attentes et aspirations des architectes bruxellois francophones loin d’être quantité négligeable au sein de la profession.

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Vincent Dehon, Jasmine Kastaldi et Fabrizio Trobbiani – architectes

 

Le sondage fut introduit comme suit :

Chères et chers architectes,

Nous sommes 14000 architectes en Belgique, dont 6500 francophones parmi lesquels 2200 ont établi leur activité d’architecte (architectes et stagiaires-architectes) à Bruxelles et davantage exercent régulièrement dans la région !

Le gouvernement planche en ce moment sur un xème projet de réforme de l’Ordre des Architectes, et cette fois, semble-t-il, avec la volonté d’aboutir. Ce n’est peut-être pas le sujet le plus passionnant, il n’empêche que s’en désintéresser pourrait avoir d’importantes conséquences sur l’exercice de la profession, sa représentativité et sa défense, en particulier en région bruxelloise !
Nous sollicitons votre avis pour nourrir l’avis que nous porterons auprès du gouvernement !
Ainsi,…

En ces temps de réforme du COBAT, CODT, etc., l’on mesure l’importance pour les architectes de tenter de peser sur l’autorité s’ils ne veulent pas être mangés tout cru. Est-ce à l’Ordre de défendre l’exercice de la profession ou au monde associatif ?

Le fait régional est une réalité, le cadre réglementaire de la profession est quasi exclusivement régional. Le(s) futur(s) Ordre(s) devrai(en)t-il(s) s’organiser sur base régionale (territoire) plutôt que communautaire (linguistique) ?

L’Europe tend à confondre les professions libérales et les professions commerciales. Les ordres professionnels ont-ils encore un avenir ?
Eh bien, nous aimerions avoir votre avis sur ces interrogations !
> accéder directement à l’enquête

Répondre à cette mini enquête vous prendra 1 minute !
Cette enquête est menée à l’initiative de Jasmine KASTALDI , Fabrizio TROBBIANI et Vincent DEHON. Ils sont tous trois membres francophones de la chambre bruxelloise de l’Ordre des Architectes, cependant, c’est en leur nom personnel qu’ils organisent cette enquête.

3 réflexions sur “Réforme de l’Ordre des architectes, l’avis des bruxellois et l’usine à gaz de la réforme

  1. En effet… pas vraiment de scoop… (encore moins pour le fait que « le projet de réforme de l’Ordre des Architectes ne tient que peu compte des aspirations des architectes bruxellois et sur certains sujets, vraisemblablement, également des aspirations des architectes belges tout court »…). Mais merci d’en avoir fait la preuve.
    (pas sûr que ça change quelque chose mais…).
    C. Bordet

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  2. C’est bien de vouloir réformer; mais comment…VA T ON POUR UN VRAI CHANGEMENT;un ordre plus humain, plus proche de ses architectes et des confrères d’autres professions mais partenaire, comme les ingénieurs , les architectes Paysagiste, les architectes d’intérieur, etc…. Que l’ordre comprenne ses architectes au lieu de les sanctionner à tord ou à raisons ?UN ORDRE DÉMOCRATIQUE ET PAS UN GROUPE DE COPAIN RESTANT A S’ACCROCHER AU POUVOIR QUI NE LUI APPARTIENS PAS. Que l’ordre valorise la profession de manière positive, et donne la chance à tous , pour une réussite de ce beau métier, parfois devenu un cauchemar (il est grand temps qu’un architecte soit respecté dans son travail, rémunéré valablement et plus qu’une femme de ménage (avec tous mes respects pour elle)…. permettre un meilleur dialogue entre architecte et MO, mais aussi entre Membre !!!!!, avec plus de solidarité…LE RESTE SUIVRA NATURELLEMENT, par une communication participative et évolutive…A CEUX QUI ONT DES OREILLES ENTENDENT….
    Bruxelles 4 sept 2017, Marc SOMERS Architecte

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    1. Marc, Le sens de la démarche est aussi de faire comprendre aux architectes qu’ils sont propriétaires de leur ordre et qu’il leurs appartient de le prendre en main… De là à dire que l’Ordre n’est que le reflet de la profession…
      Les mandataires ne s’accrochent au « pouvoir tout relatif », autant relatif que le « prestige du mandat », que parce qu’on leur en donne l’occasion. Pour éviter le dialogue de sourd, entendre c’est bien, écouter c’est mieux.
      Vincent

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