Les ar ne veulent pas de l’Ordre Nouveau !

Et pour les « pas abonné•es à la Libre », voici le texte littéral de l’article :

La réforme de l’Ordre des architectes arrive presque à son terme. Mais questionne et met mal à l’aise les architectes bruxellois.
CELA FAIT PLUS DE 15 ANS que l’avenir de l’Ordre national des architectes suscite moult discussions, négociations, dissensions aussi, voire accrochages. Scission or not scission ? Et encore, quelle scission ? Linguistique ? Régionale, puisque tel est le cadre réglementaire de leur profession tout autant que les lois et règlements dont ils doivent tenir compte dans leur travail quotidien ?

Le sujet a été lancé par Sabine Laruelle, alors ministre des Classes moyennes, qui fait un demi-pas en avant en 2008 en créant, au sein de l’Ordre national, deux sections linguistiques, l’une francophone et germanophone, l’autre néerlandophone. Une division qui présageait la naissance de deux Ordres séparés. En décembre 2016, son successeur, Willy Borsus, acte un accord péniblement atteint par les différentes associations professionnelles sur un texte reprenant les grands principes de la réforme : scission de l’Ordre national en un Ordre francophone et germanophone et un Ordre flamand, modalités de réforme de fonctionnement de l’institution, structures moins lourdes, procédures harmonisées, mise en place d’un service de proximité… Mais ce sera à son remplaçant, Daniel Ducarme, de l’officialiser, jusqu’au vote au Parlement et à l’approbation des arrêtés d’exécution. On en est, paraît-il, encore loin, un nouveau blocage étant survenu.

Prise de pouls

Un trio d’architectes bruxellois – Jasmine Kastaldi, Fabrizio Trobbiani et Vincent Dehon – a décidé de prendre le pouls de ses homologues, anxieux à l’idée d’une réforme qui écarterait les architectes œuvrant dans la capitale alors qu’ils représentent au moins un sixième de la profession, ou, du moins, qui effacerait leur positionnement géographique au profit de leur seule distinction linguistique. Le tout en leur nom personnel, pas au nom de la chambre bruxelloise de l’Ordre des architectes, dont ils sont tous trois membres francophones.

« Nous ne voulons pas être des excités du sujet ni donner de solutions », note Vincent Dehon, par ailleurs administrateur délégué du bureau GS3 architectes associés. « Le texte évoque deux Ordres, francophone et flamand. Mais où se situent les Bruxellois ? » Quoi de plus simple que de leur poser directement la question, ce qui fut fait par l’intermédiaire d’un court sondage envoyé aux 2 000 architectes bruxellois. C’était en mai et juin dernier. Six questions de fond leur ont été posées, plus 7 questions visant à s’assurer de la pertinence sociologique de l’échantillon des répondants. Près de 300 réponses complètes ont été enregistrées (292 exactement), représentant quelque 14 % des architectes bruxellois.

Qu’y apprend-on ?

– Plus de 9 architectes sondés sur 10 (93 %) estiment que les ordres professionnels ont encore un avenir. Ils sont néanmoins 71 % à souhaiter qu’ils se modernisent.

– Plus de 5 sur 10 (54 %) pensent que leur Ordre devrait rester national et près de 3 sur 10 (27 %) jugent qu’il devrait se scinder sur base régionale contre 12 % seulement qui s’accordent sur une scission communautaire, comme celle prévue dans le projet de réforme.

– Les sondés sont convaincus à 87 % que l’Ordre doit être indépendant du pouvoir politique. Autrement dit, pas besoin d’un commissaire du gouvernement et, a fortiori, d’un commissaire aux pouvoirs élargis comme le prévoit le projet de réforme.

– Enfin, près de 9 architectes sur 10 (89 %) sont favorables à ce que l’Ordre ait une mission qui comprend la défense de l’exercice de la profession… C’est d’ailleurs à lui que les architectes pensent en premier lieu en la matière, davantage qu’au monde associatif.

Un monde associatif peu fréquenté

« C’est une des missions d’un Ordre que de se positionner par rapport à ce qui relève de l’exercice de la profession (barèmes, calcul des heures…) et de faire des suggestions aux autorités », ajoute Vincent Dehon. De quoi laisser la défense des architectes au monde associatif. Un monde qui devrait d’ailleurs prendre la balle au bond. Etonnament – et cela a surpris le trio – 22 % seulement des sondés se disent membres d’une ou plusieurs associations. « Il ne pourra qu’y avoir une reconfiguration du monde associatif », dit-il encore, « mais à condition qu’il se renouvelle et se rajeunisse. »

Leur légitimité à représenter actuellement la profession dans son ensemble pose à tout le moins question pour les auteurs du sondage. En effet, 7 % seulement des architectes sondés se disent membres de l’Arib (Architects in Brussels) ou l’Uwa (Union wallonne des architectes) alors que ce sont ces deux associations régionales qui se trouvaient à la table des négociations de la réforme de l’Ordre mais également du CoBAT et du CODT… « Un des nombreux messages que ce sondage renvoie aux décideurs politiques. »

Bruxelles oubliée, Bruxelles perdante

Car la réalité bruxelloise de demain dans deux Ordres linguistiquement différents risque de tomber à rien. « Dans ce projet de réforme, et c’est terrible, le bureau bruxellois pourra réfléchir, cogiter, mais pas s’exprimer ni communiquer. On va aboutir à des Ordres sous tutelle d’un monde associatif aux contours pour le moins indéfinis. Et manifestement, les architectes bruxellois ne se reconnaissent pas ! » Et de demander au ministre Ducarme de revoir cette copie dont il a hérité.

C.M.

Mikolajczak Charlotte

http://www.lalibre.be/economie/immo/les-architectes-bruxellois-ne-veulent-pas-de-l-ordre-nouveau-59d4a61ecd70be70bccbbcd1#.WduwyWPGZwo.facebook

Réforme de l’Ordre : des architectes bruxellois font de la résistance | architectura.be

http://www.architectura.be/fr/actualite/17662/reforme-de-lordre-des-architectes-bruxellois-font-de-la-resistance?utm_source=newsletter&utm_campaign=20170914_FR

Réforme de l’Ordre des architectes, l’avis des bruxellois et l’usine à gaz de la réforme

Présentation du mini sondage réalisé auprès des architectes bruxellois à propos de la réforme de l’Ordre des Architectes, entre fin mai et début juin 2017

=> accédez aux résultats complets

[Le texte d’introduction du sondage se trouve reproduit en fin de post.]

Méthode :

Sondage réalisé sur la population d’architectes bruxellois francophones, soit une population de 1800 personnes, durant une période de 10 jours, de fin mai à début juin 2017. 292 réponses complètes ont été enregistrées. 6 questions de fond ont été posées, suivies de 7 questions visant à s’assurer que la sociologie de l’échantillon des répondants est comparable à celle de la population sondée.

Fiabilité :

Suivant la formule propre aux instituts de sondage, compte tenu de la population sondée et du taux de réponse, la marge d’erreur obtenue est de 5.25%. Il est également à noter que la sociologie de l’échantillon est à moins de 2 % identique à la sociologie de la population sondée, tant en genre qu’en âge, ce qui conforte la fiabilité des résultats. Les résultats obtenus auprès de l’échantillon peuvent donc être jugés conformes à l’avis de la population à plus ou moins 5 % de marge d’erreur.

Synthèse des résultats :

93 % des architectes sondés estiment que les ordres professionnels ont encore un avenir ! Ils sont néanmoins 71 % à souhaiter qu’ils se modernisent. Les sondés sont donc majoritairement favorables à une réforme du ou des Ordres. Les sondés qui pensent que les Ordres sont d’un autre temps ne représentent que 5 %.

Si à peine la moitié des architectes (54 %) pensent que l’Ordre des architectes devrait rester national, 27 % tout de même pensent que l’Ordre devrait se scinder sur base régionale et … seulement 12 % des sondés pensent que l’Ordre doit se scinder sur base communautaire alors que c’est ce que prévoit le projet de réforme.

Les architectes sondés sont très majoritairement (89 %) favorables à ce que l’Ordre ait une mission qui comprend la défense de la profession… À proportion marginale, seulement 2 % pensent que l’Ordre doit ou peu disparaître. Continuer la lecture de Réforme de l’Ordre des architectes, l’avis des bruxellois et l’usine à gaz de la réforme